L’expédition de Fridtjof Nansen – deuxième partie

Fakta 21

 

  • Hjalmar Johansen

Hjalmar Johansen est un gymnaste norvégien qui a eu de nombreuses prestations nationales et internationales. Il a notamment fait sensation lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1889, où ses démonstrations d’acrobatie et sa force physique ont été largement plébiscitées. Il était aussi un grand marcheur et skieur de fond.

Toutes ces qualités ont convaincu Fridtjof Nansen de le choisir pour son expédition avec le Fram.

Il l’engage comme « chauffeur de chaudière ». Comme on l’a vu précédement, le navire était équipé d’une machine à vapeur. Celle-ci devait être alimentée par du charbon pour produire la vapeur nécessaire à faire tourner l’hélice du navire. Elle servait aussi à chauffer l’intérieur du bateau pour que l’équipage puisse survivre aux températures polaires.

Hjalmar accepte ce poste très dur, parce qu’il en a la capacité physique. Il y voit aussi une chance de pouvoir faire partie de l’aventure.

Quand le navire est bloqué et immobilisé dans les glaces de l’arctique, il est promu assistant météorologique.

 

  • La décision de Fristjof Nansen

Après un an de dérive, Nansen doit se rendre à l’évidence: le bateau stagne autour de la latitude 83º N. À ce rythme, l’expédition prendra des années sans jamais atteindre le pôle nord.

Nansen refuse de rentrer sans avoir atteint son objectif et prend alors une décision folle:

Abandonner le navire pour partir vers le pôle nord à pied, à ski et en traîneau, quitte à tenter de retrouver la terre ferme sur l’archipel François -Joseph. Pour cette mission suicide, il a besoin d’un seul compagnon. Il choisit Halmar Johansen pour sa condition physique et sa maîtrise des skis.

 

  • Les préparatifs du nouveau départ

Durant tout l’hiver 1894-1895, les deux hommes se préparent. Ils construisent des kayaks, des vêtements en peau de loup. Ils conçoivent même des traineaux et selectionnent les 28 meilleurs chiens de l’expédition.

Le 14 mars 1895, alors que le thermomètre affiche un -40ºC glacial, Nansen et Johansen s’élancent sur la banquise avec leur matériel et leurs chiens, à environ 660 km du pôle Nord. Ils savent que le navire va continuer à dériver et que c’est un voyage sans retour.

 

  • Quand l’expédition tourne au cauchemard

Leur marche tourne malheureusement rapidement au cauchemar. La banquise devient de plus en plus impraticable.

Le pire est que le courant marin pousse la glace vers le sud presqu’aussi vite qu’ils marchent vers le nord. Ils ne progressent donc presque pas.

Le 8 avril 1895, Nansen prend une importante décision. Ils viennent alors d’établir un nouveau record du monde de latitude nord, mais les chiens meurent d’épuisement et les vivres fondent à vue d’oeil.

Ils doivent se résigner à faire demi-tour, direction le sud. Le pôle nord est définitivement abandonné. Leur priorité est désormais de rentrer sains et saufs.

 

  • Un long hivernage

Le 28 août 1895 ils se retrouvent bloqués sur l’île de Jackson.

Ils batissent un refuge de 3 m sur 2 en pierre et en mousse, avec un toit fait de peaux de morse tendues sur du bois.

Ils survivent en chassant des ours polaires et des morses. Ils se nourrissent d’ailleurs exclusivement de viande et de graisse.

Ils brûlent la graisse de morse pour s’éclairer et cuisiner. Leurs vêtements et leur peau finissent par se recouvrir d’une épaisse couche de suie.

 

  • L’histoire de l’attaque de l’ours

Une fois, Johansen est attaqué par un énorme ours polaire. Nansen veut l’aider, mais a du mal à attraper son fusil. Heureusement, Johansen arrive à maîtriser l’ours de sa grande force pendant un moment. Alors qu’il lutte avec l’animal,  Nansen ne parvient pas à tirer. C’est à ce moment que Johansen lui dit avec un calme absolu, cette phrase restée dans les annales de l’histoire polaire:

 

“Oui, maintenant, il faut vous dépêcher, sinon il sera trop tard„

 

Nansen parvient enfin à tirer et abat l’ours d’une balle de son fusil. Johansen se relève indemme.

 

  • Le retour du printemps

Nous sommes le 17 mai 1896, jour de la fête nationale norvégienne.

Le printemps arctique apporte enfin des températures plus clémentes, générées par la lumière constante du soleil de minuit.

Les 2 hommes ont survécu leur hivernage forcé de 9 mois sans même tomber malade.

Ils reprennent donc leur route vers le sud.

La fonte des glace leur permet d’utiliser leurs kayaks et de naviguer le long des côtes de l’archipel François-Joseph à la recherche de signes de civilisation.

 

  • Le destin leur sourit enfin

En juin 1896, le destin leur sourit enfin. Ils croisent par un heureux hasard l’expédition britannique de Frederick Jackson. Ils sont sauvés et rentrent en Norvège en héros, quelques jours seulement avant le retour du Fram. Ils sont sains et saufs, ainsi que tous les membres de l’équipage du Fram.

 

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